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# L’ethnomasochisme

### L’ethnomasochisme est une haine de soi qui traverse les sociétés occidentales et qui va jusqu’au nihilisme civilisationnel. Cette haine est exploitée par les partis de gauche et rencontre ses stratégies électorales communautaristes.

L’ethnomasochisme est un concept forgé par Guillaume Faye en 1998. **Ce néologisme désigne un double mouvement qui traverse les sociétés occidentales (et, spécifiquement, leurs populations blanches) : un mépris de soi et une adulation de l’autre**.

Le mépris de soi que l’on constate parmi les populations occidentales a plusieurs dimensions et trouvent ses origines dans certains traits civilisationnels fondamentaux, qui exprime tous une méfiance envers l’instinct de puissance non mis au pas.

**Les Grecs définissaient l’hybris comme un comportement violent, immodéré, potentiellement erratique, provoqué par un orgueil mal maîtrisé**, une absence de modération. Elle constitue une faute et un danger pour l’homme et sa communauté.

**Le christianisme n’enseigne pas le mépris de soi en tant que tel, mais possède une dimension d’humilité volontaire et de reconnaissance du « faible »**. La puissance, la richesse et l’orgueil sont autant de valeurs terrestres qui peuvent être des obstacles au Paradis. Les paraboles du Christ et les versets de la Bible illustrant cette pensée ne manquent pas : « Les derniers seront les premiers », « Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu ».

**Au cours de l’époque moderne, le développement de la puissance moderne s’est progressivement accompagné d’une critique de celle-ci ou, plus précisément, d'un appel à la modération dans son déploiement.** C’est ainsi que Voltaire s’indignait de la traite négrière au milieu du 18<sup>e</sup> siècle (« c’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe »).

L’idée de puissance, chez les Occidentaux, s’accompagne d’une méfiance et d’une réflexivité sur les valeurs qui permettent de la mettre en œuvre. Cependant, c’est à partir de la deuxième moitié du 20<sup>e</sup> siècle que **cette méfiance s’est transformée en critique fondamentale et en appel à son démantèlement**. Traumatisés par les horreurs de la première moitié du 20<sup>e</sup> siècle, les Européens ont commencé à douter de leur propre civilisation. Cette délégitimation s’est trouvée accentuée par la montée de l’idéologie décoloniale, qui considère l’Occident comme suprémaciste en tant que tel, et par le développement dans la société, à partir des universités et des intellectuelles, des théories de la déconstruction, qui ont amené les Occidentaux à relativiser leurs propres réussites, leurs propres spécificités et la valeur de leur propre civilisation. Ce relativisme extrême a mené au nihilisme, par lequel de nombreux Occidentaux n’ont plus de conscience culturelle, civilisationnelle ou ethnique propres. Il n’existe plus pour eux de cultures occidentales, mais des modalités de mise en œuvre d’une volonté de domination et d’exploitation, intrinsèquement mauvaise.

**En conséquence, les Occidentaux se voient comme porteurs d’une sorte de virus de domination et ils relisent l’intégralité de leur histoire à cette aune**. Celle-ci est désormais vue à travers des lunettes morales et non comme un processus ayant mené à la construction de leurs pays. Cette vision anachronique ne peut que conduire à la condamnation de leur propre histoire, puisque leurs critères moraux ont évolué. C’est ainsi que l’Assemblée nationale a pu voter la loi scélérate du 21 mai 2001, dite loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité (notion n’ayant aucune existence avant le 20<sup>e</sup> siècle).

**Cette haine de soi est accompagnée d’une célébration de l’autre**. Le multiculturalisme, l’altérité, la diversité, le cosmopolitisme sont considérés comme des valeurs positives en soi, indépendamment de toute réflexion critique, projet de société ou conséquences concrètes. Si l'on est intrinsèquement mauvais, alors l'autre est intrinsèquement bon.

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**La célébration de l’autre s’accompagne d’une interdiction de leur critique**. Cette interdiction prend des dimensions légales, par exemple au travers des lois contre la « haine » aux contours flous ou dans la volonté explicite de les présenter en tant que victimes ou opprimés, mais jamais en tant qu’oppresseurs (rôle exclusivement réservé aux Blancs). C’est ainsi que Christiane Taubira, dans la conception de la loi sur la reconnaissance de la traite et de l’esclavage comme crime contre l’humanité, a explicitement limité la condamnation de ce crime à ses seuls auteurs blancs.

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**L’ethnomasochsime est donc foncièrement incohérent : il repose sur la condamnation des Occidentaux au nom de l’affirmation de valeurs universelles, mais refuse d’appliquer celles-ci au non-Occidentaux, ce qui montre bien que ces valeurs ne sont pas universelles**. Il aboutit à l’occultation de crimes de grande ampleur, comme par exemple dans le cas des *grooming gangs* au Royaume-Uni, qui ont été volontairement dissimulés par les autorités afin de ne pas « stigmatiser » les Pakistanais musulmans qui les ont commis.

Cette apparente incohérence révèle donc que le fond de l’ethnomasochisme n’est pas tant la recherche de la justice qu’une haine de soi allant jusqu’à la volonté de suicide ethnique et civilisationnelle. **Cette haine est exploitée par des partis de gauche qui l’entretiennent à des fins électoralistes, captant à la fois les voix des Blancs en perte de repères et celles des minorités ethniques**. On le voit régulièrement à la façon dont LFI nie le racisme anti-Blancs, c’est-à-dire la possibilité que les Blancs ne soient pas dans une position dominante, ce qui contredirait leur idéologie fondée sur la culpabilité et la pulsion de domination intrinsèques de ceux-ci.

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Ainsi, l’ethnomasochisme est une perversion de la capacité des sociétés occidentales à porter un regard introspectif sur leurs propres valeurs et leur propre histoire, capacité exploitées par la gauche contemporaine, qui est à la fois l’enfant de cette haine de soi et qui l’exploite à des fins électoralistes, capitalisant sur les votes des minorités ethniques immigrées.

Voir aussi (liens internes) :

* [Le cosmopolitisme](/centre-ressources-arguments/anthropologie-et-civilisations/le-cosmopolitisme.md)
* [WEIRD : la spécificité de l'Occident](/centre-ressources-arguments/anthropologie-et-civilisations/weird-la-specificite-de-loccident.md)
* [L'oïkophilie](/centre-ressources-arguments/philosophie-politique/loikophilie.md)
* [Le cercle moral](/centre-ressources-arguments/psychologie/le-cercle-moral.md)
* [Le "privilège blanc"](/centre-ressources-arguments/societe/le-privilege-blanc.md)
