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# Répondre au lieu commun « le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit »

### "Le racisme n’est pas une opinion mais un délit" est une vision strictement légaliste, qui repose sur une conception anti-démocratique et idéologique du débat public.

**Pour la gauche, il n’est pas légitime de classer les individus selon des catégories qui seraient chacune dotée de caractères spécifiques**. Ce serait « assigner les individus à leur identité » et donc nier leur liberté et leur dignité. C’est pourquoi, dans la plupart des pays occidentaux, le racisme, non seulement en tant que pratique, mais aussi en tant qu’idée, n’est pas considéré seulement comme une opinion blâmable, mais constitue un délit. Il est une *opinion délictueuse*. Cette vision qui mélange morale et légalité pose cependant problème.

**Elle remplace l’argumentation par l’intimidation.** La délictualisation des opinions détruit donc le sens du débat démocratique. S’il faut interdire certains propos, c’est manifestement qu’on ne peut les décrédibiliser en y répondant. Cette intimidation fait le lit du complotisme (« ce qu’ils ne peuvent réfuter est forcément vrai ») et de la défiance envers les institutions et la classe politique.

**Elle inverse le rapport de la légalité à la morale.** La punition des opinions fonde la morale sur la légalité, alors que le jeu démocratique consiste au contraire à fonder l’ordre légal sur la moralité, et celle-ci sur le libre examen des questions. Il s’agit donc d’un postulat idéologie traduit dans la loi.

La loi est contingente. **L’argument légaliste se retourne donc contre lui-même, car des lois opposées peuvent être adoptées.** L’Apartheid, la Ségrégation, l’ostracisation des Juifs sous le IIIe Reich étaient tous fondés sur des lois. La légalité n’est jamais substituable à un argument moral. Si demain le racisme devient légalement obligatoire, les gauchistes devraient donc devenir racistes par légalisme.

**La délictualisation des opinions mine la démocratie au sein des institutions et ostracise arbitrairement des citoyens**. Les partis réputés racistes, ou réputés avoir la sympathie de racistes, sont isolés au sein du jeu parlementaire. C’est ainsi que l’on justifie de refuser toute légitimité et même dignité à de nombreux parlementaires et aux citoyens qu’ils représentent ([cf les députés de gauche refusant de serrer la main du député RN Flavien Termet](https://www.liberation.fr/politique/on-ne-serre-pas-la-main-de-lextreme-droite-a-lassemblee-nationale-le-coup-du-vent-ne-date-pas-dhier-20240720_AQ6RLUJDXRGKHE6WDSBI5QXTPM/)).
