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# Le droit de vote aux étrangers

### L’ouverture du droit de vote aux étrangers soulève des risques majeurs : fragilisation du lien entre citoyenneté et nation, montée des revendications communautaires, risque d’ingérence et affaiblissement de l’unité nationale.

**L’ouverture du droit de vote aux étrangers est une** [**mesure fréquemment réclamée par la gauche**](https://x.com/ErsiliaSoudais/status/1777704018933923953), prenant prétexte d’une vision politique (le dépassement de l’Etat-Nation) et d’une prétendue justice économique et sociale (« [ils paient des impôts donc ils doivent voter](/centre-ressources-arguments/philosophie-politique/les-etrangers-paient-des-impots-donc-ils-doivent-voter.md) »). Cette posture est pourtant fallacieuse et dangereuse.

**Le vote est l’expression politique de l’appartenance à la nation. L’ouvrir aux étrangers, c’est rompre le lien entre citoyenneté et nation** : il y a rupture entre la communauté nationale et le corps électoral. En soutenant l’idée que l’on n’a pas besoin d’appartenir à la première pour faire partie du second, on contribue à l’affaiblissement de l’idée de communauté nationale. Au lieu d’intégrer les étrangers, on produit une dissolution de la société. C’est la fin programmée de l’Etat-Nation, qui repose sur une communauté nationale politique, culturelle et historique.

**C’est également une atteinte à la souveraineté nationale.** Le droit de vote constitue une des bases du pouvoir politique dans les pays démocratiques. Le droit de vote aux étrangers revient donc à transférer une partie de ce pouvoir à des ressortissants d’autres pays, ce qui constitue évidemment un problème de souveraineté.

En conséquence, **il est évident que des Etats étrangers pourront utiliser cette situation pour mener des opérations d’influence politique, voire d’ingérence pure et simple**. Ainsi, on sait par exemple que le parti indien BJP, via son association Overseas Friends of BJP, entretient des liens avec les diasporas indiennes dans différents pays occidentaux et, ainsi, [influence les votes locaux de ceux qui ont obtenu la nationalité des pays d’accueil](https://thecritic.co.uk/the-modi-fication-of-british-politics/). Les partis politiques occidentaux sont obligés de tenir compte de ces influences dans le cadre de leur offre politique, alors qu’ils devraient représenter les intérêts de leur propre pays. Au Royaume-Uni, le Labour est ainsi plutôt favorables aux minorités pakistanaises, et donc à leurs problématiques religieuses et ethniques, tandis que les Tories visent plutôt le vote indien.

De la même manière, le président turc Recep Tayyip Erdogan a d’ailleurs appelé plusieurs fois les binationaux turcs en Europe à « défendre les intérêts de la patrie » en votant selon ses consignes (discours de 2017 et 2021). [Dans un article de 2018](https://shs.cairn.info/publications-de-samim-akgonul--4845?lang=fr), l'historien Samim Akgönül écrivait ainsi que "la Turquie encourage dorénavant vivement ses ressortissants et leurs descendants à prendre aussi la citoyenneté de leur État de résidence et/ou de naissance, non pas tant pour les inciter à se fondre dans les sociétés européennes que pour y soutenir les intérêts turcs."

On a donc un exemple à la fois d’ingérence étrangère et de perte de souveraineté.

**Le problème de la double nationalité est connexe à celui du droit de vote des étrangers, parce que cela revient à donner le vote à un individu qui est aussi ressortissant étranger**. En conséquence, la double nationalité pose intrinsèquement un risque d’ingérence et de perte de souveraineté. En outre, elle constitue une rupture d’égalité, puisque, au regard de la question fondamentale de l’appartenance nationale, elle crée deux catégories de citoyens : ceux qui sont ressortissants étrangers et ceux qui ne le sont pas.

**Le droit de vote aux étrangers est donc une idée dangereuse, qui encourage l’atomisation de la société et qui expose les pays qui l’autorisent au risque d’ingérences étrangères.**

Voir aussi (liens externes) :

* [La diaspora turque en Europe et son rôle politique](https://shs.cairn.info/magazine-questions-internationales-2018-6-page-77?lang=fr\&ref=doi), Samim Akgönül, Questions internationales n°94, 2018.
* [The Modi-fication of British politics](https://thecritic.co.uk/the-modi-fication-of-british-politics/), Olly Ryan Tucker, The Critic, 31/05/2024

Voir aussi (liens internes) :

* ["Les étrangers paient des impôts donc ils doivent voter"](/centre-ressources-arguments/philosophie-politique/les-etrangers-paient-des-impots-donc-ils-doivent-voter.md)
