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# "l'environnement urbain est la cause des émeutes"

### L’environnement urbain n’est la cause ni des comportements anti-sociaux que l’on constate dans les banlieues ni de la communautarisation des populations immigrées qui y vivent. Ce discours misérabiliste et mensonger est une manipulation de la gauche qui ne résiste pas à l’examen.

**On entend souvent que** [**les immigrés ont été « parqués dans les banlieues**](https://x.com/DestinationTele/status/1890741112085561743) **» et que cet environnement urbain, associé avec la séparation du reste de la société française, est la cause de l’insécurité et des émeutes.** Les « révoltes des banlieues » seraient donc dues à la « ghettoïsation » des immigrés, que l’on aurait volontairement éloignés des centres-ville et marginalisés territorialement et socialement.

Il y a deux idées fausses derrière cette affirmation :

·       Les banlieues et les grands ensembles ont été conçus pour tenir les immigrés à l’écart ;

·       L’environnement d’urbanisme moderne (barres, tours, dalles…) serait la cause directe des comportements anti-sociaux.

**Les grands ensembles (les premiers quartiers de "banlieue" adoptant un urbanisme moderne) n’ont pas été construits pour loger les immigrés**. Les grands ensembles ont été construits à partir des années 1950 pour y loger la population de l’époque, très majoritairement française (les grandes vagues d’immigration commencent après). Ces constructions avaient pour objectifs au début de répondre aux destructions de la Seconde Guerre mondiale. Au moment de leur construction, ils n’étaient pas un lieu de relégation sociale mais, au contraire, des quartiers prisés car les logements proposaient un confort supérieur à ceux des centres-villes. On peut le voir par exemple dans [les enquêtes que le sociologue Chombart de Lauwe a menées auprès de Français](https://madelen.ina.fr/content/la-butte-a-la-reine-77263?locale=fr) ayant quitté les logements insalubres des centres-villes pour ces nouveaux immeubles.

**Les « quartiers défavorisés » ne sont pas isolés du reste des agglomérations**. La desserte en transport en commun est généralement bonne (RER, tram ou métro). Ils ne sont pas tous éloignés du centre (quartiers Belleville, Amandiers à Paris). Ils sont souvent aussi bien desservis que les autres quartiers résidentiels, voire mieux par rapport aux quartiers pavillonnaires dépendants de la voiture.

**L’architecture et l’urbanisme ne provoquent pas les comportements : il n’y a pas de déterminisme de l’environnement urbain**. L’architecture de barres et de tours n’est pas fondamentalement différente de celle de beaucoup de quartiers résidentiels (voir les quartiers résidentiels de Fontenay-le-Fleury ou Montmorency). De plus, des quartiers avec une architecture plus classique connaissent également des situations similaires de dégradations et de violence, comme par exemple le centre-ville de Saint-Denis. L’urbanisme moderne caractérise aussi de nombreux quartiers des pays d’Europe centrale et orientale anciennement communistes, sans que ceux-ci ne connaissent d’émeutes régulières.

<figure><img src="/files/shdjpHq3BbxxvNiB4YkV" alt=""><figcaption></figcaption></figure>

**Ce ne sont pas des quartiers où l’on a enfermé les immigrés dans leur communauté d’origine**. Les quartiers de banlieue sont peuplés par des habitants d’origine très diverses. Les communes « populaires » mettent d’ailleurs souvent cette diversité en avant, la présentant comme une richesse. Dès lors, l’enfermement communautaire ne vient pas d’une volonté délibérée des pouvoirs publics puisque ces quartiers sont très hétérogènes.

<figure><img src="/files/sNZcBgYSN7mUIz8CRkLw" alt=""><figcaption><p>Le site de la ville de Saint-Denis célèbre la diversité de sa population</p></figcaption></figure>

**La gauche construit donc une image de la situation des « banlieues » qui ne correspond pas à la réalité**. C’est un mensonge et les conséquences qu’elles tirent de cette vision sont nécessairement fausses. Aucun des arguments avancés n’est recevable : les quartiers de banlieue ne sont pas plus éloignés du centre que d’autres, pas moins bien desservis, pas moins bien équipés…

**La gauche opère une inversion de la cause et de l’effet**. Si les populations immigrées de ces quartiers sont communautarisées, c’est parce qu’elles ont mis en place un mode de vie qui correspond à leurs habitudes culturelles. Ce mode de vie, différent de celui des Européens, a poussé ces derniers à partir pour s’installer dans des quartiers où ils n’auraient pas à le subir. C’est une culture tribale et communautaire et non l’environnement urbain qui a conduit à la communautarisation dans les quartiers avec une forte population immigrée extra-européenne.

**La gauche opère une déresponsabilisation**. Elle reporte la cause des comportements anti-sociaux sur des éléments extérieurs aux individus. Elle fait passer les délinquants ou les populations communautarisées pour des victimes. Cette position relève d’une stratégie électoraliste assumée et non d’une quelconque aspiration à la justice.

En conclusion, le discours sur la responsabilité de l’environnement urbain dans l’apparition de comportements anti-sociaux est paresseux et mensonger. C’est une manipulation grossière de la gauche, dans un but électoraliste.

Voir aussi (liens externes) :

* [Reportage du sociologue Paul-Henry Chombart de Lauwe](https://madelen.ina.fr/content/la-butte-a-la-reine-77263?locale=fr) sur les premiers grands ensembles
* [Fil X avec des exemples](https://x.com/norbert_fr/status/1744821223853273523) montrant qu'il n'y a pas de lien entre environnement urbain et émeutes.
